Mont Saint Michel : « Il y a urgence »

Mont Saint Michel : « Il y a urgence »

Les élus d’opposition normands et bretons ont déploré, hier, la saison catastrophique au Mont-Saint-Michel. Ils demandent la suppression, au plus vite, de la marche à pied entre parkings et navettes.

La polémique

« Un fiasco ! » « Un gâchis ! » « L’image du Mont-Saint-Michel écornée au-delà des frontières ! » « Un grave préjudice économique ! » « On affaiblit le site le plus visité après Paris. » Les élus de l’opposition UMP-centriste des conseils régionaux de Basse-Normandie et de Bretagne ont tiré à boulets rouges, hier, au Mont-Saint-Michel, sur les nouveaux accès à la Merveille.

Pour les élus bretons, Marie-Christine Le Hérissé et Sylvie Guignard, et les élus normands, Anne-Marie Cousin, François Digard, Joël Bruneau et Bertrand Deniaud, « il est urgent d’arrêter les frais, de corriger ces accès et d’en finir une bonne fois pour toutes avec les deux kilomètres de marche à pied entre les parkings et le Mont », comme le dénonce François Digard, maire UMP de Saint-Lô.

La chaise vide des Bretons

Ce départ des navettes, « trop éloigné des parkings », a toujours été le principal grief avant même leur mise en service le 28 avril. « On sait qu’allonger la rotation des navettes coûterait 450 000 € de plus par an pour Veolia, délégataire des parkings et navettes, qui réclamera alors une compensation aux collectivités », poursuit François Digard. Qu’à cela ne tienne : « Il faut s’entendre sur une clé de répartition de ce surcoût entre Veolia, la Région et le tarif du parking ».

Pour la droite, mieux vaut un parking plus cher (8,50 € aujourd’hui) mais des visiteurs satisfaits. « Et Veolia n’aura pas à être trop gourmand après le retrait des navettes hippomobiles. Ce qui lui vaut de payer aujourd’hui des pénalités aux collectivités. »

Les élus bretons tiennent le même discours mais pas question pour eux de remettre la main à la poche après avoir déjà apporté 15,8 millions d’euros. S’ils dénoncent, eux aussi, un départ des navettes trop éloigné, ils ont pourtant voté en 2009 la délégation de service public à Veolia qui le prévoyait. Une volte-face entre Jean-Yves Le Drian qui siégeait alors au syndicat mixte et sa vice-présidente au tourisme Maria Vadillo qui lui a succédé. « Nous avons fait confiance au président du syndicat mixte (Laurent Beauvais, président de Basse-Normandie) », bredouille Marie-Christine Le Hérissé qui reconnaît : « On aurait dû y regarder de plus près ». Depuis, les quatre Bretons ne siègent plus au syndicat, une décision votée à l’unanimité, majorité et opposition de la Région Bretagne. « Nous reviendrons lorsque les modifications que nous demandons auront été apportées. »

Anne-Marie Cousin, élue centriste de Basse-Normandie, s’alarme « d’une baisse de 10 à 15 % de la fréquentation des parkings, de 24 % de la consommation, l’hôtellerie, la restauration… On ne peut pas imaginer une deuxième saison comme ça. » La droite met en cause « le pilotage par le président du syndicat mixte. Une délégation de service public, ce n’est pas une privatisation, rappelle François Digard. Il y a urgence à changer au Mont. »

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