Intervention de Hervé Guélou relative à la nouvelle Alliance agricole bretonne

Intervention de Hervé Guélou relative à la nouvelle Alliance agricole bretonne

Monsieur le Président, Chers collègues,

Votre point d'étape relève davantage de la communication que de véritables informations en masquant les véritables enjeux et écueils qui sont les nôtres, en se rassurant dans un angélisme habituel. Alors que nos fondamentaux : véritables épines dorsales de notre économie retiennent leur souffle.

Si chacun reconnait la diversité de l'agriculture, notre réponse régionale appropriée devrait donc tenir compte de cette réalité or se dessaisir du fait de l'importance de l'agriculture dite conventionnelle majoritairement présente sur nos territoires. Cette agriculture développée mais certainement fragile à mesure des contraintes qu'elle a eu à affronter comme des exigences de tous ordres qu'elle a dû assumer. Cette agriculture qui devrait faire notre fierté collective. Celle-là même qui a assuré à la Bretagne la place qu'elle occupe aujourd'hui ne trouverait plus de grâce dans les yeux de ses détracteurs.

Pourtant, nous mesurons son importance dans l'onde de choc qu'elle peut engendrer quand la difficulté surgit comme la crise qui touche l'agriculture liée au groupe Doux.

Néanmoins, si je reconnais les engagements sur l'agriculture biologique ou l'agriculture de proximité mais aussi l'autonomie des exploitations, nous ne pouvons pas nous soustraire à la réalité des marchés. Ce que d'ailleurs reconnaît le rapport présenté : que dans un contexte agricole nouveau, les conversions sont en ralentissement. C'est aussi du fait d'une certaine lourdeur dans l'écoulement des volumes et notamment du lait. Reconnaissons donc la nécessaire adéquation offre-demande qui reste incontournable dans une stratégie agricole comme dans toute économie.

Je remarque le lancement d'une étude pour définir un référentiel pour une Agriculture Ecologiquement Responsable. (Evidemment les irresponsables attendent avec impatience, plus sérieusement). Il me parait rassurant que la Région s'intéresse à un processus déjà largement engagé par la profession agricole sur une démarche initiée par Michel Griffon sous le nom de AEI : Agriculture Ecologiquement Intensive et qui a l'ambition de vouloir croiser les différents paramètres qui s'imposent à la production agricole. Cette démarche si elle est partagée, permettra d'affirmer et de reconnaître que la grande majorité de la profession agricole a déjà enclenché cette définition depuis bien longtemps. Cette technique est bien entendue aussi la base de l'agriculture biologique qui consiste aussi à produire le maximum en utilisant au mieux la nature, les capacités de l'agronomie comme par exemple les bienfaits des successions culturelles.

C'est bien ce que nous avons toujours défendu : l'agriculture bretonne est diverse mais ses objectifs sont identiques : commencer à le reconnaitre me parait être le signe que notre vision est partagée.

Enfin, Bernadette Malgorn l'a déjà dit, l'engagement de la Région Bretagne dans les bassins versants "algues vertes" ne devrait apparaitre dans la stratégie régionale à l'agriculture. Cela créé une confusion qui certes consolide l'apparence, mais qui en définitive est contre-productif sur le terrain en entretenant dans la réflexion que la politique agricole régionale est celle qu'elle engage dans les bassins versants : les acteurs du terrain dans les objectifs ambitieux qui sont fixés le savent au quotidien.

Je terminerais en profitant de cette tribune pour vous dire qu'en cosignataire des chartes du bassin versant, la Région doit insister voire exiger de ses partenaires la simplification des démarches administratives qui sont des freins aujourd'hui à la mise en place des objectifs : par exemple dans le soutien financier aux investissements retenus dans les chartes et qui se trouve en inéquation avec les cycle de production agricole. Par exemple, des arrêtés de subventions pour le matériel de fenaison arrivant après l'été.

Je vous remercie.

Télécharger l'intervention de Hervé Guélou lors de la discussion relative au point d'étape de la Nouvelle Alliance pour l'agriculture bretonne