Intervention de Marie-Christine Le Hérissé concernant l’aménagement du Mont Saint-Michel

Intervention de Marie-Christine Le Hérissé concernant l’aménagement du Mont Saint-Michel

Monsieur le Président, Mes chers collègues,

Etape d'un jour ou de quelques heures strictement chronométrées.

Lieu de promenade habituel, le Mont Saint Michel s'offre de loin à celui qui l'approche.

Qu'il soit touriste, venu du bout du monde, amoureux du patrimoine, pèlerin ou promeneur du dimanche, nul n'a un jour imaginé ne plus pouvoir y accéder facilement ou pire, devoir se résigner à ne plus y revenir.

Et pourtant, alors que les travaux hydrauliques bien conduits ont redonné au Mont Saint Michel son écrin maritime, son attractivité renouvelée pâtit déjà dangereusement de la mise en œuvre du volet "accessibilité" de l'opération "grand site".

Depuis le 28 avril dernier, jour d'ouverture des parkings d'accueil au sud de la caserne et de mise en service des navettes au nord de la caserne pour accéder au Mont Saint Michel, les professionnels du tourisme ont observé une baisse de fréquentation dont la presse s'est largement fait l'écho.

  • -11,6 % de visiteurs à l'Abbaye le week-end de l'Ascension
  • -7% à la Pentecôte
  • -60% d'autocaristes sur la première quinzaine du mois de juin
  • -30% de fréquentation générale depuis le 1er juin.

L'Office de tourisme afflue sous les réclamations, une pétition des usagers aurait déjà reçu environ 2 800 signatures !

"Un fiasco", voilà le terme le plus souvent usité pour qualifier l'issue d'une gouvernance de ce dossier qui dépasse l'entendement.

Aussi, comme le visiteur alerte ou moins alerte, fatigué d'avoir dû cheminer sur plus d'un kilomètre souvent dans le froid et l'humidité, nous posons la question "STOP ou ENCORE" ?

Nous disons clairement "STOP" à cet "imbroglio politico juridico voire mercantile" dont Monsieur le Président, vous ne pouvez plus vous exonéré.

  • Un jour, en décidant de ne plus siéger au Syndicat mixte présidé par votre ami, le Président du Conseil régional de Basse Normandie ;
  • Un autre jour en y substituant à l'intention des représentants du Conseil régional désignés pour y siéger, des réunions d'information où parfois, vos positions et certaines de celles de votre administration semblaient échapper à la compréhension de vos vice-présidents en charge du dossier, Madame Vadillo et Monsieur Lahellec.
  • Soit enfin, en sollicitation le consensus de notre assemblé. Voilà plus d'un an et l'avoir obtenu pour peser disiez-vous davantage encore auprès des élus de Basse Normandie. A défaut, nous devions quitter le Syndicat Mixte, menace réitérée dans la presse régionale le 28 avril 2012. Il est vrai, que vous réagissiez à une interview du directeur du Syndicat Mixte dont les propos sont révélateurs du peu de cas qu'il porte à notre assemblée. Je cite Monsieur de Beaulaincourt sans pouvoir affirmer qu'il parle en son seul nom "On construit ce que l'Etat a décidé. Y cohabitent des entités qui se chamaillent souvent ! L'Etat et les collectivités, la gauche et la droite et cerise sur le gâteau : Bretons et Normands…." et d'ajouter sans aucun scrupule "que si les bretons boudent en ne siégeant plus au Syndicat Mixte, ils ne se désengagent pas sur leurs contributions financières".

Alors, Monsieur le Président, nous est apparu comme une évidence que si suite à ces échanges cordiaux, vous nous proposer une nouvelle fois d'attendre le bon vouloir de la Région Basse Normandie jusqu'en octobre 2012, c'est que vous n'avez pas la main sur ce dossier.

La faute originelle qui entravent aujourd'hui votre action d'avoir voté avec les normands l'attribution de délégation de service public à Véolia dont le projet fixait le départ des navettes au nord de la caserne contrairement aux recommandations qui avaient prévalu dans la déclaration d'utilité publique.

20 voix normandes et bretonnes ont voté pour le candidat et le projet finalement retenu, une voix contre et trois membres se sont abstenus.

En conclusion, Monsieur le Président, pour ne pas vouloir une nouvelle fois dire "STOP", vous rejetez notre amendement au risque de vous contredire. Ainsi vous remettez au futur président par intérim de notre assemblée, le soin de prendre à votre place les décisions qui s'imposeront, l'essentiel pour votre part ayant alors été préservé ! Ne pas vous désavouer sur ce dossier essentiel pour l'économie du nord de l'Ille et Vilaine sur lequel nous vous avons maintes fois interpellés.

Quant aux visiteurs du Mont, combien, le temps de mon intervention, fatigué d'avoir trop cheminé se sont posés la question au pied du Mont Saint Michel "STOP" ou "ENCORE" et ont finalement rebroussé chemin et consommé quelques euros chez les marchands du temple.

Certains viennent pour la dernière fois ou ne reviendrons pas au Mont Saint Michel. Alors à l'unisson de leur déception, nous vous disons, Monsieur le Président, "STOP", "STOP", "STOP" ! Comme le précisait hier Bernadette Malgorn dans son discours de politique générale, l'économie touristique de la baie et de la côte nord de l'Ille et Vilaine a beaucoup à perdre de cette incurie.

Enfin, que d'argent public bien mal utilisé si l'on considère qu'il se fait rare. Peut-être les Bas Normands trouveront –ils sous les sabots des chevaux tirant la maringote, le financement éventuel des surcouts substantiels que sous-tendent les termes du courrier du Président du Syndicat Mixte.

C'est pourquoi, à la lumière de ces éléments et dans la continuité de notre délibération de juin 2011, nous vous demandons une nouvelle fois :

- De retirer la Région Bretagne du Syndicat mixte de la baie du Mont Saint-Michel puisque ces conditions incontournables ne sont pas respectées et ceci sans attendre le mois d'octobre 2012.

- Et donc de suspendre la participation de la Région Bretagne au financement du Syndicat mixte, tant en fonctionnement qu’en investissement.

Je vous remercie.

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