Intervention de Valérie Garcia concernant le Programme Régional de Santé

Intervention de Valérie Garcia concernant le Programme Régional de Santé

Monsieur le Président,
Chers Collègues,

Avant d’entrer dans le vif du sujet vous me permettrez une remarque de formes concernant le PRS :

  • Vous écrivez « La Région demande que ses observations et propositions soient prises en compte avant l’arrêt définitif du PRS » et en conclusion vous émettez un avis défavorable. Un avis « réservé » aurait été plus conforme à votre position et aurait sans doute facilité le dialogue avec l’ARS.

Mais, au-delà de cette remarque, j’ai bien compris Monsieur le Président que votre but n’était pas d’apporter une contribution positive à ce document mais bien de le descendre en flammes pour des raisons qui n’ont rien à voir avec la santé des Bretons et qui sont purement politiciennes.

Vous critiquez un document volumineux « difficilement lisible en raison de sa technicité mais plus encore dans son caractère morcelé en différents schémas ». Quand je vois le nombre de schémas que la Région a adopté et pour n’en prendre qu’un auquel vous faites référence dans votre rapport, l’Agenda 21 qui fait x pages comporte 26 fiches et 419 actions sans compter les sous actions.

Monsieur le Président, vous critiquez je vous cite « cet empilement de document traduit la complexité des questions de santé, mais révèle plus encore le caractère cloisonné de la politique de santé et l’incapacité à aborder la santé dans sa globalité pour en faire une politique véritablement intégrée » et quelques lignes plus bas vous vous saluez « la volonté de décloisonner l’approche de santé prônée par l’ARS ».

Cloisonnée ou pas cloisonnée on ne connaît pas votre position. Pour notre part nous saluons le travail qui a été fait par l’ARS pour justement décloisonner pour la première fois cette politique de santé publique et la décliner par les actions opérationnelles à mettre en œuvre ?

« Le PRS n’est pas appropriable par le grand public » dites-vous, mais est-ce là l’objectif sur des sujets aussi techniques que ceux des problématiques de santé ?

« La Région considère que le PRS devrait envisager les questions de santé sous une approche différente, non pas seulement à travers la prise en charge des pathologies mais en appréhendant les individus dans leur environnement, à travers les différents âges de la vie ». Je puis vous assurer que les principales préoccupations des bretonnes et des bretons ne sont pas « d’appréhender leur vie dans un environnement comme vous le dites, mais bien d’avoir accès à des soins de qualité quand, malheureusement ils sont atteints par des pathologies dont certaines graves. Et à ce point de vue le PRS apporte des réponses concrètes dans son volet territorial.

Les deux principes d’actions retenus sont je cite le PRS « la territorialisation des actions et la concertation avec les acteurs ».

Je ne vais pas entrer dans le débat financier sans nier qu’il soit déterminant pour mettre en œuvre des politiques de santé. Mais vous savez comme moi que cela relève des politiques nationales, de notre système de protection sociale auquel nous sommes tous très attachés, mais qui pour maintenir ses fondements ancrés dans la solidarité n’échappera pas à des réformes profondes au risque de le voir s’écrouler réservant aux personnes les plus aisées la possibilité d’avoir accès à des soins de qualité.

Vous affirmez que «  la prévention est considérée dans le PRS comme une thématique parmi d’autres ».

Cela aussi est inexact.

Je rappelle que la priorité numéro un arrêtée dans le PRS est :

  • « Prévenir les atteintes prématurées à la santé et la qualité de la vie ». Si cela n’est pas de la prévention, englobant les différentes générations, particulièrement les jeunes, les différents statuts des personnes, en formation au travail, à la retraite… il faudra nous expliquer votre conception de la prévention.

La deuxième priorité est : « Améliorer l’accompagnement du handicap, de la perte d’autonomie, des dépendances et du vieillissement ». Des thématiques qui résonnent particulièrement en Bretagne avec une démographie que l’on sait vieillissante.

Enfin et je n’y reviendrais pas puisque je l’ai déjà évoqué la troisième priorité est « favoriser l’accès à des soins de qualité sur le territoire ». De votre côté vous parlez de « territoires vécus et d’approche ascendantes », je ne vois pas trop de quoi il s’agit. L’ARS propose de travailler sur 8 territoires de santé avec les acteurs locaux, çà c’est du concret.

En conclusion, je dirais que le PRS est certes perfectible, c’est la première fois que nous avons un document cadré et concret à la fois permettant aux acteurs de santé de travailler ensemble au bénéfice de la population. Laissons-le vivre, se mettre en œuvre pour l’améliorer. Et de grâce ne faisons pas de la santé un enjeu politicien comme on le constate dans votre rapport.

Merci Monsieur le Président.

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