Intervention de Jacques Le Guen concernant les frais de communication de la Région Bretagne

Intervention de Jacques Le Guen concernant les frais de communication de la Région Bretagne

Monsieur le Président,
Chers collègues,

Cette brève intervention portera sur les programmes X XI XII.

Sur le Programme 1002 : information des citoyens et promouvoir l’image et la notoriété de la Bretagne pour être moins prosaïque : la communication. Nous notons une progression de plus de 23% ce qui en période de crise nous paraît irresponsable.

Le CESER lui-même s’inquiète de cette dérive en rappelant « qu’il avait émis à plusieurs reprises un avis réservé en 2011 car c’est le programme qui a fait l’objet des plus fortes décisions modificatives en taux de progression ».

Et d’ajouter « ce sont des thématiques qui pourraient peut-être être davantage arbitrées en temps de crise ».

Monsieur le Président, nous notons que vous ne tenez compte ni des observations et encore moins des préconisations du CESER. Encore une fois c’est la fuite en avant du budget de communication.

Le budget communication sous maîtrise d’ouvrage de la région est bien constitué de deux chapitres budgétaires le 1002 que je viens d’évoquer auquel s’ajoute la ligne budgétaire 623 de la M 71 soit 4,4M€. Le total du budget de communication sous maîtrise d’ouvrage de la Région est donc de 6,3M € + 4,4M € soit 10,9M €. Monsieur le rapporteur général du budget l’a reconnu hier. Mais il manque à ce montant, ce qui était l’objet de la question de ma collègue, et comme nous l’a évoqué en Commission permanente de connaître en sus le montant des opérations de communication dans laquelle la région n’est pas maître d’ouvrage mais en partenariat sous forme de subventions à des organismes divers.

Entrons un peu dans les détails, avec les éléments à notre disposition je note :

  • Selon les termes du rapport que « les invitations des partenaires à des réceptions, à déjeuner ou à dîner font partie intégrante de la collectivité ». Je vous rappelle pour mémoire que l’année dernière il y a eu 105 réceptions et 22 744 repas servis. Soit une réception tous les trois jours ou 62 repas par jour ou encore 216 repas par réception. Là aussi il y a sans doute des économies substantielles à réaliser.
  • La marque Bretagne lancée à grands frais. Où en est-on de cette marque qui est sensée révolutionner l’image de la Bretagne alors que dans le même temps le Finistère et l’Ille et Vilaine ont lancé leur propre marque et que Produit en Bretagne, clairement identifiée regroupe plus de 300 membres dans les cinq départements de la Bretagne historique. N’y a-t-il pas là des doublons ?
  • Nous apprenons que la Maison de la Bretagne à Paris dont nous aimerions bien connaître le montant des coûts de fonctionnement va être transformée en hall d’exposition. Est-ce bien une priorité du moment ?
  • Nous voyons poindre une inauguration du FRAC en grande pompe pour faire connaître « ce projet en Bretagne, en France et à l’International ». Combien cela va-t-il encore coûter aux contribuables bretons ?
  • Enfin, nous notons par ailleurs la volonté affichée par l’exécutif de « faciliter l’accès des citoyens aux dispositifs publics et à l’information proposée par la Région ». En revanche vous ne tenez toujours pas votre promesse à publier un guide récapitulatif des aides de la Région, seul outil permettant la lisibilité, la transparence et l’égalité des citoyens face à l’action publique, comme l’a fait remarquer A. Le Gars.  Une nouvelle fois nous vous demandons non pas des promesses mais un engagement solennel : êtes-vous disposé oui ou non à publier ce guide que tout le monde attend et dans quels délais ?

Monsieur le Président, les manifestations de prestige ont un côté indécent en cette période de crise et nous demandons une nouvelle fois de revoir ce budget à la baisse.

A ce stade, j’ai une proposition positive à vous faire. Je compte inviter votre ami René Dosière à venir passer au peigne fin les dépenses de la Région. Lui qui dénonce le « train de vie monarchique de l’Etat » en prenant par exemple le coût de la dernière garden-party de l’Elysée : 470 000€ pour 7 000 invités. Peut-être serait il tenté de constater la « dérive princière » de notre collectivité en apprenant par exemple le coût de la 3ème biennale pour l’égalité qui a dépassé les 400 000 €.

Sur la gestion des crédits européens, nous notons avec satisfaction que les taux d’engagement sont globalement bons malgré un démarrage poussif et que le travail en commun avec le Secrétariat général pour les Affaires régionales se déroule dans un bon esprit de partenariat permettant de dégager les financements dans des délais raisonnables compte tenu des procédures lourdes exigées par la Commission européenne.

Sur le programme 9000, trois réflexions :

  • Nous apprenons que le projet de la Courrouze est abandonné, sans remettre en cause ce choix, nous serions preneurs d’explications sur les raisons de ce changement de stratégie tout en précisant que nous sommes favorables au regroupement de services pour diminuer nos charges locatives.
  • Si nous en croyons le rapport, des travaux vont encore être effectués au château de Kerampuilh. Combien coûtera à la Région cette acquisition hasardeuse ?

Sur le programme 9011, nous notons avec satisfaction que vous tenez compte des observations émises l’année dernière par la Chambre régionale des comptes pour améliorer la gestion des ressources humaines.

Sur le programme 9012, trois observations :

  • Hors transferts de compétence, le nombre d’agents à la Région a plus que doublé de 2005 à 2011 passant de 329 à 740.
  • Quand s’arrêtera cette inflation alors que vous proposez de créer 22 nouveaux postes alors même que des missions entières sont externalisées dans des agences ou des EPCC ? Je rappelle ici la remarque faite par le représentant de la CFDT au CESER « L’externalisation croissante de l’action régionale ne va pas dans le bon sens d’une lecture facilitée et de la nécessaire contribution de la deuxième assemblée au débat politique régional et du suivi des actions engagées ».
  • Quant au frais de déplacement des personnels qui ne sont que la face cachée de l’iceberg par rapport à ceux des élus de votre majorité nous y voyions là aussi une source d’économies potentielles. Que va-t-on faire par exemple au Festival de Cannes, deux fois en Chine … ?

Programme 9020 :

  • Nous notons la volonté de la région d’engager des travaux d’évaluation et de contrôle de gestion. D’une manière plus générale, nous souhaitons que la Commission des finances soit associée à la définition des critères d’évaluation des politiques, dont certains ne nous paraissent pas toujours pertinents et d’autres absents.
  • Nous constatons que le Conseil culturel de Bretagne dont nous contestons toujours la légalité de la création n’est pas sans incidence puisqu’il émarge au budget régional au même titre que le CESER.

Programme 9021.

Nous ne reviendrons pas sur ce programme que nous avons évoqué dans le débat de politique budgétaire.

En conclusion, Monsieur le Président, au risque de nous répéter une nouvelle fois, nous constatons que dans ces missions de moyens, des économies sont possibles. Nous avons bien compris que ce n’est pas votre priorité préférant la fuite en avant fiscale à une gestion rigoureuse de nos moyens.

Je vous remercie.

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