Intervention de Hervé Guélou concernant la politique agricole régionale

Intervention de Hervé Guélou concernant la politique agricole régionale

Monsieur le Président,
Mes chers collègues,

Sur les programmes agricoles 231 et 232.

Un seul dénominateur commun à la décision agricole régionale guidée par le plan "algues vertes".

Ainsi l'ensemble des engagements souhaités dans ces programmes sous-tendent la définition du plan en déclinant des mesures qui peuvent être séduisantes dans ce contexte particulier de bassins versants concernés.

Par contre, cela n'en fait pas une volonté agricole régionale basée sur la réalité de l'agriculture bretonne. On note dans les rapports une orientation pour une agriculture diverse, très bien, c'est également notre conviction mais à la lecture des propositions réelles, cette démarche a disparu. Un seul modèle apparait faisant table rase de l'agriculture rencontrée sur nos territoires et faisant par ailleurs notre fierté quand il s'agit de flatter l'agroalimentaire breton, en effet, développé et performant grâce à des productions en phase avec cette réalité. Les propositions sont dès lors décalées par rapport à la richesse de nos territoires qui attend d'être confortée, écoutée, et en définitive tirée par une volonté politique qui validerait les réels efforts réalisés par la profession. Un secteur aussi indispensable à la Bretagne ne peut pas être ainsi malmené car il est toutefois fragile dans cette économie mondialisée. Ne nous leurrons pas, la nouvelle PAC sera difficile pour beaucoup de bretons et nous voyons bien que les orientations Ciolos qui promettent un verdissement que chacun salue se traduira néanmoins par une soustraction à la ferme bretonne que le marché n'est pas sûr de compenser en particulier dans le domaine de l'élevage.

Ainsi, contester cette réalité se traduit par une orientation que nous ne pouvons pas suivre et nous nous en étions déjà expliqués.

Il faut être réaliste et au fond je suis persuadé qu'ici la plupart nous le sommes. Est-il nécessaire de fermer les yeux sur les attentes des professionnels, épater une certaine catégorie comme l'agriculture bio, dont je suis, n'est pourtant pas le meilleur service à rendre, y compris à cette catégorie qui aboutirait à reconnaitre qu'en dehors de ce label : point de salut. La réalité est toute autre et vous le savez, Monsieur Morin, avec l'expertise costarmoricaine que vous avez.

Le marché de la bio n'est pas extensible à jamais. Déjà, certains troubles existent sur certaines filières.

Il nous semble que la lucidité doit l'emporter en ces temps troublés où l'agriculture bretonne trouvera suffisamment de détracteur sans être obligée d'en trouver dans son sein.

Vous l'avez bien compris, Monsieur le Président, nous ne pouvons pas vous suivre dans vos décisions et voterons donc contre les programmes 231 et 232.

Je vous remercie.

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