Intervention de Françoise Evanno concernant la politique régionale de la pêche

Intervention de Françoise Evanno concernant la politique régionale de la pêche

Monsieur le Président, Chers collègues,

Je ne ferais qu’une très courte intervention sur les programmes 241 et 242, puisque l’essentiel des décisions nouvelles sont contenues dans les rapports spécifiques que nous examinerons demain, je pense au rapport Breizh’alg et à la création du Fonds d’investissement pour la pêche.

Nous approuvons l’évaluation que vous comptez lancer sur le « Chèque Conseil Gestion » à destination des ostréiculteurs. En effet, si ce chèque de 1 000 € a sans doute donné une bouffée d’air à la trésorerie de ces professionnels pour traverser temporairement la crise des juvéniles, je ne suis pas certaine, qu’il réponde aux problèmes de fond des ostréiculteurs sur le long terme. Sur cette question complexe à bien des égards, n’aurions nous pas intérêt à travailler en partenariat avec la Région Poitou-Charentes, en mutualisant nos moyens, puisqu’en définitive c’est de cette région que provient la grande majorité des naissains engraissés ensuite en Bretagne ?

Par ailleurs, si nous observons la conjoncture, malgré une hausse du prix des huîtres en fin d’année, les ventes n’ont pas été sensiblement affectées. Je voudrais saluer à cette occasion la solidarité des entreprises ostréicoles et des élus de la Ria d'Etel et voudrais féliciter plus particulièrement le travail de Madame Françoise LE JOSSEC, maire d'Erdeven, suite à l'échouage du TK Bremen sur les plages de sa commune. Quant à la solution proposée d’orienter les professionnels vers la polyculture, sans y être par principe opposés, nous serons vigilants sur les propositions effectuées, car on ne passe pas d’un métier à un autre d’un coup de baguette magique, particulièrement lorsque l’on travaille dans un milieu aussi sensible biologiquement qu’est la mer.

Deuxième point : l’amélioration des conditions de la 1ère commercialisation. Bien que tardive, nous ne pouvons que nous féliciter de cette initiative qui était préconisée dans le rapport demandé par le Premier ministre dès 2006 à notre ancienne collègue Hélène TANGUY sur « Les pêches maritimes françaises ». Comme le précisait Hélène Tanguy, cette 1ère commercialisation devra prendre en compte plusieurs facteurs : « encourager les écolabels, insister sur les messages nutritionnels, améliorer la présentation des produits, valoriser les espèces hors quotas… ». C’est donc un vaste champ qui s’ouvre devant nous et qui doit associer tous les acteurs de la filière et pourquoi pas des représentants des consommateurs.

Le plan de professionnalisation à la pêche en partenariat avec les professionnels de la pêche et l’Etat va dans le bon sens. Il y a en effet urgence à attirer des jeunes vers les métiers de la pêche et les accompagner dans leur démarche d’installation si nous ne voulons pas que les bateaux de pêche bretons ne soient plus que de belles images pour les cartes postales.

Les dispositifs financiers que vous proposez « Horizon Epargne » et « Horizon garantie » nous semblent intéressants à condition toutefois qu’il y ait un véritable accompagnement sur le moyen terme des candidats à l’installation notamment par des professionnels confirmés de la pêche en activité ou en retraite. On ne peut en effet laisser des jeunes se mettre à l’eau, si j’ose l’expression, sans leur assurer des filets de sauvetage et qu’ils se retrouvent dans deux-trois ans après à quai couverts de dettes.

Sur le programme consacré au développement maritime et littoral, nous n’avons pas d’observation particulière si ce n’est constater la bonne appropriation par les collectivités du programme gouvernemental de Gestion intégrée des zones côtières lancé il y a déjà huit ans à la suite d’un Comité interministériel et relayé par la Région en 2007 avec la Charte des espaces côtiers bretons.

Je vous remercie.

Télécharger l'intervention au format pdf