Intervention de Stéphane de Sallier Dupin concernant la politique régionale de santé

Intervention de Stéphane de Sallier Dupin concernant la politique régionale de santé

Monsieur le Président,

La Santé est au programme à plusieurs titres au cours de cette session.

- Au titre du budget aujourd’hui.
- Au titre du Plan Régional de Santé et des nouvelles orientations de la santé du Conseil régional demain.

Le budget d’une part et les nouvelles orientations de la santé du Conseil régional sont naturellement très liés.

Tout avis sur le budget débordera donc un peu sur les nouvelles orientations.

Sur le budget, vous nous proposez un engagement constant de 940 000 euros, minime par rapport aux 1 200 millions d’euros de budget global de la Région.

Certes, la santé n’est pas une compétence régionale. Je ne critique pas la faiblesse du budget mais je trouve l’attaque systématique contre l’Etat un peu grossière au point où je me demande si la Région ne s’est pas saisie du domaine de la santé pour mieux critiquer l’Etat.

« Ce n’est pas parce que le budget est faible qu’il faut se priver de taper une nouvelle fois sur l’Etat via l’action de l’Agence Régionale de Santé. Alors, allons y gaiement, la Région travaille au quotidien avec l’ARS en bonne entente, mais nous ne trouvons pas de mots trop dire pour critiquer son Plan Régional de Santé ». J’y reviendrai samedi.

Dans le même genre et sur le même ton. « N’ayons pas peur d’être présomptueux, affirmons sans peur d’être téméraire que nous engagerons « seuls » les modalités d’intervention de prévention de promotion de la santé avec les jeunes. » Plus c’est gros plus ça passe. Disparues les infirmières scolaires, englouties les familles, enterré le médecin de famille …

Sur la fracture territoriale quant à l’accès au médecin de proximité. Pas un mot sur le soutien de l’Etat, avec la Région, à la construction de nombreuses maisons de santé. C’est le cas chez moi à LOUDEAC, PLEMET et PLOUGUENAST dans la première génération des Pôles d’Excellences Rurales. C’est le cas chez moi à MERDRIGNAC pour près de 900 000 euros dans le cadre de la deuxième génération des Pôles d’excellence rurale. « L’Etat se désengage », c’est le titre d’une rengaine usée jusqu’à la corde au risque de toutes les imprécisions, de tous les oublis, de toutes les injustices. Plus c’est gros plus ça passe.

Dans la réalité, Région et Etat travaillent main dans la main sur le terrain alors pourquoi cette comédie conflictuelle ? Une nouvelle fois, nos concitoyens ne comprennent pas.

Que la Région s’engage dans le domaine de la santé, j’y suis plutôt favorable, notamment pour lutter contre la désertification médicale et dans la lutte contre les Troubles Musculo Squelettiques ou pour l’amélioration des conditions de travail. La Région a avant tout une compétence économique. La santé au travail devrait être le cœur de sa politique de santé. Je la trouve trop peu visible sur ce dernier thème.

Que la Région s’engage dans le domaine de la santé des jeunes, elle doit le faire sous trois angles, la lutte contre les conduites addictives, cela est pris en compte. Ce qui est trop peu présents dans les plans de promotions et de prévention de la santé, ce sont les deux angles suivants :

  • l’équilibre alimentaire au Lycée qui ne peut se réduire à l’accès aux produits bio, mais doit prendre en compte l'ensemble problématique de la restauration scolaire
  • la promotion du sport chez les jeunes.

Nous sommes favorables à l’engagement de la Région dans le domaine de la santé. Je le reconnais notamment à l’échelle des territoires. Mais cette action n’a de valeur qu’en partenariat avec de nombreux acteurs dont l’un des principaux est l’Etat. Dire que nous agissons seuls est présomptueux, peu crédible et dévalorisant pour notre propre action. Ce bordereau est excessif quant à sa critique de notre premier partenaire qu’est l’Etat, nous ne le voterons pas.

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