Intervention de Stéphane de Sallier Dupin concernant la politique régionale du logement

Intervention de Stéphane de Sallier Dupin concernant la politique régionale du logement

Monsieur le Président,

Nous allons parler de logement et de santé mais permettez-moi d’abord d’évoquer la forme de nos bordereaux. Je suis persuadé que le fin « lettré » que vous êtes y sera sensible.

Nos bordereaux deviennent de plus en plus difficiles à lire. Nous entassons les expressions symboliques voire ésotériques sans que la syntaxe ne leur donne un sens. Si ces bordereaux sont difficiles à lire pour nous, comment pouvons-nous nous faire comprendre de nos concitoyens ?

Notre collègue Eric BERROCHE appelait Jaurès dont nous connaissons tous les qualités d’écrivain et d’orateur. J’aurais pu appeler un socialiste repenti, Charles PEGUY, qui disait « Il y a quelque chose de pire que d'avoir une mauvaise pensée. C'est d'avoir une pensée toute faite ».

Vous appeliez Molière dans votre rapport d’orientation générale du Budget. J’ai parfois le sentiment que, comme le Bourgeois gentilhomme, nous faisons dans le langage technocratique sans même plus le savoir.

Voilà un premier point. Deuxième point, et il concerne ce programme 104 sur le logement mais également les autres. Pourquoi appeler dans cette enceinte à l’unité régionale d’une part et, d’autre part, ne cesser de taper, souvent de façon injuste sur l’action du Gouvernement ?

Dans le domaine du Logement, c’est parfaitement injuste et vous le savez, le Gouvernement FILLON est l’un de ceux qui ont le plus fait pour le logement depuis 30 ans. Les jeunes qui accèdent à la propriété en sont conscients, eux. Nos concitoyens, très conscients des réalités nouvelles, sont fatigués de ces querelles souvent inutiles. Ils nous disent, vous êtes collectivement inaudibles !

Si la critique systématique de l’action du Gouvernement n’a que pour objectif de valoriser la proposition Hollande sur le blocage des loyers je crains que nous organisions alors la pénurie du logement locatif privé dont nous souffrons déjà.

Vous nous proposez un programme 104 avec près de 14 millions d’euros de crédits de paiement soit une hausse de 10%.

  • Vous y faites une belle place au logement locatif social. Nous insisterions plus sur l’accession sociale à la propriété.
  • Vous mettez le doigt sur la question des travaux d’amélioration énergétique. Nous vous appuyons.
  • Vous illustrez vos mesures pour les jeunes. Nous y voyons plus une stratégie de communication qu’une réelle politique.
  • Néanmoins, globalement, nous voterons ce programme.

Il est un point néanmoins qui est pour moi une inquiétude.

Quand le politique a la prétention d’influer sur le comportement des gens, je crains toujours pour les libertés. Cette menace n’est pas franche, elle est sournoise. On complique alors tellement les procédures que cela devient impossible de faire ce qu’on veut.

Dans l’accès au logement, le souci de régulation ne doit plus se traduire par une complication des procédures de l’accès au logement. Nous sommes dans un monde de technocrates qui compliquent à plaisir la vie des gens. C’est la pente naturelle de toutes les politiques contemporaines. Notre politique du logement répond aux critères du sacro-saint développement durable, celui-qui s’appuie sur l’équilibre financier, social et environnemental.

Il manque de plus en plus cruellement un quatrième pied à cette table. C’est le critère de la simplicité. Que s’est compliqué de faire simple dans la rédaction de nos bordereaux, dans les procédures administratives comme dans l’accès au logement.

Suis-je hors sujet ? Je ne le crois pas car, si nous votons ce programme nous vous appelons à tenir compte de ce questionnement.

Télécharger l'intervention au format pdf