Retranscription du discours de politique générale de Marc Le Fur – 14 décembre 2018

Retranscription du discours de politique générale de Marc Le Fur – 14 décembre 2018

Merci Monsieur le Président, Monsieur le Président du Ceser, mes chers collègues,

Monsieur le Président nous étions ce matin effectivement à cette belle cérémonie en hommage à un grand homme, un grand patron de presse. Un homme dont Ouest France est associé à toute notre histoire. Nous vivons au rythme de ce quotidien. Dès le petit déjeuner, nous avons parfois les petits déjeuners sucrés, d’autres parfois salés, mais en tout état de cause on a une grande chance dans l’ouest d’avoir un journal qui associe à ce point la perspective sur le monde et l’information hyper locale. Bel hommage lui a été rendu ce matin.

Vous avez souhaité également rendre hommage et je vous en remercie à Loïc Bouvard qui fut député mais aussi conseiller régional, et lui aussi connaissait le monde étonnamment.

Je voulais aussi saluer les collègues qui en dépit de drame récents sont ici au travail avec nous. Merci Christine.

Félicitation à Thierry Burlot. L’agence de bassin c’est quelque chose de méconnu du grand public, mais c’est essentiel. Je dis à Thierry Burlot que les félicitations précèdent généralement les sollicitations et qu’il sera évidemment sollicité par les uns et les autres. On a encore des difficultés d’assainissement public ou d’assainissement individuel.

Alors, nous rentrons dans une session consacrée au DOB – Débat d’Orientation Budgétaire. Cela veut dire que l’on débat sur l’avenir. Pour évoquer l’avenir, il faut avoir quelques certitudes quant à notre environnement. Hélas, nous sommes confrontés à des incertitudes financières et à des incertitudes institutionnelles.

Incertitudes financières tout d’abord, puisque la majorité nationale a voté dans la loi de finances un article 10 qui prévoit explicitement que demain, 2019, les budgets de fonctionnement de nos collectivités et en particulier les régions, seront soumis à un contrat préalable entre les présidents d’exécutif et les préfets. C’est un retour en arrière gigantesque. C’est la première fois depuis 1981 qu’une collectivité va devoir soumettre son budget de fonctionnement, c’est-à-dire bien des décisions d’opportunité à un à fonctionnaire d’état au moment même où l’on nous parle du pacte girondin.

Incertitudes financières également, puisque comme vous le savez, on nous retire 27 millions. On retire à l’ensemble des régions 450 millions qui devaient être consacrés à l’économie. On nous a transféré l’économie. Nous aurions dû hériter de l’activité des départements bretons dans ce domaine. Si on totalise ce que faisaient les départements bretons dans le domaine de l’économie, on approche des 100 millions. On nous attribuait les années passées 28 et là on nous les supprime ! Incertitudes encore.

Incertitudes institutionnelles également mes chers collègues. Cela a été évoqué par Madame Salami. Est en préparation un texte qui risque de nous retirer de nos compétences majeures la formation et l’apprentissage. Ce serait le premier retrait de compétence depuis 1981. On a toujours connu des augmentations de compétences. Il s’agirait là de nous en retirer pour satisfaire une demande bien connue du Medef. J’espère que là-dessus on dira non clairement, parce que notre région et d’autres régions ont fait leurs preuves et demandent qu’à faire leurs preuves dans ce domaine.

L’actualité immédiate mes chers collègues, elle est prégnante, c’est Notre-Dame-des-Landes. Notre-Dame-des-Landes, avec des décisions qui se préparent et qui nous inquiètent. Monsieur le Président, là-dessus on a tous unanimement tenus les mêmes positions. Je ne doute pas et je ne mets pas en cause votre sincérité. Par contre je veux qu’on nous entende. On a entendu Monsieur Ayrault, qui a toujours été très clair sur ce sujet. On a entendu les grands patrons bretons. Monsieur Beaumanoir en particulier qui s’est exprimé avec Joël Chéritel. Je voudrais que l’on entende le Président de Région et que l’on nous entende tous collectivement, unanimement là-dessus. L’enjeu est gigantesque. L’enjeu c’est est-ce que nous sommes au niveau de Lyon et Nice, puisque ce sont les deux grands aéroports qui ont cette dimension où est-ce que nous restons à un niveau inférieur ? On a l’occasion d’avoir un aéroport qui nous mettrait en connexion avec l’Europe entière. Avec des connexions quotidiennes. Faut pas dire en permanence Bretagne ouverture sur le monde et passer à côté de cette occasion. Nous nous replierions si nous ne le faisions pas. J’espère que nous saurons le dire avec la plus grande détermination.

Aménagement du territoire Monsieur le Président. Il y a eu quand même un gros loupé ces derniers temps sur le dossier de la revitalisation des centres-bourgs et des centres-villes. 200 dossiers déposés, 60 acceptés. Notre groupe convient parfaitement qu’il faut hiérarchiser, que l’on ne peut pas prendre tout le monde. Ce n’est pas çà le sujet. Le sujet c’est quand on hiérarchise, quand on prend les uns et que l’on refuse les autres, il faut que les critères soient clairs. Précis et quantifiables. Or on n’a eu rien de tout çà. On a des maires qui se sont vus refuser leur dossier qui ne savent pas pourquoi. On a même des maires qui ne sont pas dans la liste des dossiers refusés. On ne leur a rien dit. Madame le Maire de Morlaix s’exprimera là-dessus demain. Donc voilà une vraie difficulté, un vrai loupé. C’était une première, peut-être qu’il y aura un moment de rattrapage ? je veux bien vous croire. A tout pécheur miséricorde, mais en tout état de cause il faudra que le pécheur fasse quelques efforts.

Aménagement du territoire, le dossier du lycée Jean Moulin de Plouhinec. Ce n’est pas un dossier local, localo-local. C’est un dossier qui engage toute la Bretagne. Prenons un peu de distance : on ouvre des lycées dans le pourtour de Rennes, on en ferme à la pointe Bretagne. Et c’est l’extrême pointe. L’extrême pointe du Cap Sizun qui est quasiment dans une situation d’insularité. Je trouve que cette décision n’a pas été non plus réfléchie. En termes institutionnels Monsieur le Président, j’ai été très surpris de lire les documents par lesquels vous informez les uns et les autres que votre décision est prise alors que notre bordereau n’a pas encore été ni débattu ni voté. Alors soit nous sommes une chambre d’enregistrement, il faut nous le dire tout de suite, soit nous prenons de vraies décisions. Si vous les avez prises avant, on a du mal à comprendre.

Le dossier de la PAC nous l’évoquerons avec le Président Alain. On nous avait promis de grands états généraux, ils ont eu lieu. Mais sur quoi débouchent-ils ? Aucune disposition objective n’est mise en place. Rien n’est applicable à cette heure des mesures tant attendues. J’en veux pour preuve ce qu’a dit le Président Directeur Général du groupe Avril, groupe considérable, qui constate, il est très implanté en Bretagne, qui constate et je le cite « les négociations avec la grande distribution ont démarré exactement sur les mêmes bases que l’année dernière toujours sur la décroissance des prix. On attendait des mesures immédiates, rien n’a été pris aujourd’hui, tout au moins d’objectif précis. Pendant ce temps 51% des élevages laitiers sont dans le rouge.

Toujours sur cette question européenne, je voudrais aussi évoquer un moment le Brexit. J’ai rencontré Michel Barnier, je lui ai dit l’inquiétude des Bretons et en particulier l’inquiétude des pêcheurs bretons. Les pêcheurs bretons qui font entre 50 et 70% de leurs prises, cela dépend de la nature des pêches, dans des zones maritimes britanniques. On attend les réponses. Je crois qu’il en est conscient. Vous évoquez l’idée d’un fond d’atténuation du Brexit Monsieur le Président. Cela me semble être une idée à creuser et on sera à vos côtés pourquoi pas pour faire avancer cette idée.

Nous avions, à peine arrivés dans cette assemblée, suggéré à votre prédécesseur de travailler sur la question de la santé. Cette question a été différée de session en session, enfin on a le rapport. Voilà, on ne va pas se plaindre on a le rapport. Je trouve qu’il aurait pu aller beaucoup plus loin. Et on peut imaginer aussi que c’est une première étape. Il faut que nous sachions dire aussi collectivement que certes la région peut s’investir, les collectivités doivent s’investir, mais il faut que l’Etat prenne un certain nombre de dispositions. On a affaire à des personnels qui bénéficient de beaucoup d’argent publics, ce n’est pas illégitime qu’il y ait aussi un certain nombre de prescriptions publiques quant à leur affectation territoriale. Après tout, les pharmaciens l’on fait, les infirmières l’ont fait, pourquoi pas les médecins. En tout état de cause, en matière de santé, nous continuerons à être exigeants et à vous ……….

Assises de la mobilité.  Cela va être l’un des grands débats nationaux du début de l’année prochaine. On l’aborde dans cette session. C’est très bien, notre collègue Roudaut s’exprimera là-dessus, mais là franchement sur les propositions que vous nous faites, vous êtes petit-petit-bras. Rien ou peu de choses sur la LGV. Pas un mot, écoutez bien mes chers collègues, pas un mot sur l’accessibilité des handicapés dans les transports publics. Il fallait le faire. Vous l’avez fait. Pas un mot ! Pas un mot sur la sécurité dans les transports publics. On n’est peut-être pas la région la plus exposée, mais on a aussi nos problèmes. Pas un mot sur la sécurité. Pas un mot sur ce qui se passe avec le TGV. On en est quand même à la 3ème crise à Montparnasse. J’aimerais bien que cela aille un peu de temps en temps gare du nord et gare de l’est. Pour le moment c’est que chez nous. 3ème crise conséquente. C’est une réalité. Cela ne vous a pas échappé. Et puis pas un mot sur un sujet qui est en train de revenir subrepticement Monsieur le Président et je sais que vous le savez, c’est la question de l’écotaxe. Moi je ne doute pas, je sais qu’il n’y aura pas dans notre collectivité de gens assez irresponsables pour préconiser l’écotaxe. Je le sais bien. Beaucoup sur divers bancs ont combattus cette question. Mais ma crainte c’est que d’autres régions ne l’organisent, ce qui reviendrait à peu près au même pour nos camions bretons. Nos camions bretons qui vont livrer en Allemagne par exemple. S’ils passent de multiples régions où s’instaure l’écotaxe, ils auront un prix de revient quand leurs produits arriveront en Allemagne, disproportionné, anormal. J’espère Monsieur le Président, y compris au sein de la collectivité, du collège des présidents de régions, que vous saurez dire très clairement notre opposition à tout cela.

Voilà Monsieur le Président les éléments que je voulais indiquer. Nous arrivons soucieux de travailler, soucieux de faire avancer les choses, mais aussi soucieux d’une conception qui est la nôtre de la Bretagne , une Bretagne ouverte sur le monde, pour le coup sortant des slogans, réalisons-le Notre-Dame-des-Landes, une Bretagne équilibrée, pour le coup réalisons-le avec des aménagements qui respectent cet équilibre en particulier sur l’extrême ouest de notre région et d’une Bretagne également soucieuse de faire en sorte que nos concitoyens aient la conviction que notre région a un patrimoine exceptionnel mais aussi a tout un avenir devant elle.