Session du 23 octobre 2014 – Intervention de Bernard MARBOEUF sur la politique générale

Session du 23 octobre 2014 – Intervention de Bernard MARBOEUF sur la politique générale

Monsieur le Président,

J'ai été, sur le fond, assez agréablement surpris sur le début de votre propos liminaire. Je voudrais saluer, Monsieur le Président, une forme de lucidité. Vous avez parlé de blocage, de responsabilités partagées, de réalisme, de compromis, tout cela me va sauf qu'il ne faut pas néanmoins confondre les responsabilités des uns et des autres. Vos amis, Monsieur le Président, sont au pouvoir, les nôtres pas encore. Votre majorité est à la Région depuis 10 ans, vous êtes donc, vous et votre majorité, comptables de la situation économique de la Bretagne en partie et comptables aussi de la situation politique de la Bretagne, notamment de ce qui a fait émerger un Front National à un niveau jamais connu.

Le populisme se développe sur le terreau que vous avez préparé. Il faut redonner une direction, redonner de l'espérance à la Bretagne et aux Bretons.

Certains territoires se sentent abandonner. Des populations, des communes, des élus sont désemparés dans un magma national dont vos amis sont grandement responsables.

Vous appelez au courage, et bien chiche, faisons fi des idéologies mais dans ce cas-là mettez à plat vos politiques publiques. Donnez-nous des axes clairs et ambitions, faites des choix, nous les attentons. Si vous faites des choix clairs sur les politiques régaliennes de la Région nous sommes prêts à regarder de près, au lieu de cela vous renvoyez tout cela à plus tard, vous nous donnez des orientations budgétaires, nous aurons l'occasion d'y revenir, bien fades, ternes, sans ambitions, sans choix. Donnez ce document à tout élu au-delà du Conseil régional et il en tirera les mêmes conclusions que moi.

La nasse budgétaire dans laquelle nous allons nous trouver va nous conduire à une impasse où les effets de ciseau sont maintenant réalité.

Sur la réforme territoriale. Le pouvoir socialiste ne sait plus où il va. Il ne sait plus où il va sur l'autonomie fiscale et financière des collectivités et encore moins sur les périmètres et les compétences. Nous sommes tous tendus aux déclarations plus qu'évolutives du Premier ministre. Il est temps, Monsieur le Président, pour la France et de la Bretagne de nous proposer des projets clairs.

Alors évidemment le pugilat jubilatoire des socialistes au Parlement ne saurait tenir lieu de trajectoires politiques et économiques. Pendant ce temps, la France n'avance pas et la Bretagne recule.

Je vous remercie.