Session du 17 octobre 2013 : intervention de Bernard MARBOEUF sur le Schéma régional de l’enseignement supérieur et de la recherche

Session du 17 octobre 2013 : intervention de Bernard MARBOEUF sur le Schéma régional de l’enseignement supérieur et de la recherche

Lors de la discussion sur le Schéma régional de l'enseignement supérieur et de la recherche, le Conseiller régional, Bernard MARBOEUF, a reconnu l'intérêt des pistes ouvertes par ce rapport. Néanmoins, il en a pointé les insuffisances en matière d'organisation territoriale, d'orientation vers les premiers cycles universitaires ou encore en termes d'usages numériques, notamment les MOOCs.

 "La future Université de Bretagne doit s’identifier à la région Bretagne. Et si la région doit être organisée, ce ne peut être que dans un partenariat équitable entre Rennes et Brest. Or votre rapport laisse parfois entrevoir une prépondérance rennaise. C’est ainsi qu’à la page 63 vous semblez peu ou prou hiérarchiser les pôles universitaires. Rennes est identifié comme « un pôle d’innovation majeur » et au delà de frontières bretonnes Brest comme un  « centre d’excellence mondial avec Roscoff en sciences de la mer ». Cette présentation circonscrit abusivement les domaines d’excellence de l’UBO sachant que par ailleurs Roscoff est rattaché à Paris VI et non à l’UBO. Si nous voulons instituer un véritable équilibre régional donnant visibilité et attractivité à l’entité Université de Bretagne soyons vigilants dans la terminologie employée."

"N’oublions aussi pas de mettre au centre de nos réflexions les jeunes, car au final c’est pour eux que nous travaillons. Les jeunes bretons ont une appétence et vous le savez pour les études courtes. Je reprends la page 47 de votre rapport. Il est indiqué qu'il faut renforcer l'accès des jeunes bretons à la voie générale du baccalauréat. Là nous avons une divergence. Aujourd'hui vous le savez bien, la problématique des bacs technologiques et des bacs professionnels est essentielle dans le contexte de la Bretagne que nous connaissons. La réforme de la voie professionnelle, initiée il y a quelques années, arrive à son terme et globalement elle est positive sauf que les jeunes se trouvent coincés après ce bac pro. Les places en BTS leur sont chichement, très chichement ouvertes. Quant à l'IUT, effectivement Monsieur le Président a raison, les bacs techno doivent s'y engouffrer sauf que les bacs généraux y prennent à mon sens beaucoup trop de places à la demande d'ailleurs des responsables des IUT. La problématique des études courtes est une vraie problématique bretonne et elle est de notre point de vue prioritaire et je crois que votre rapport ne donne pas assez d'importance à cette problématique. Il faut y consacrer tout l'énergie qu'il faut. C'est vrai que le grand défi ce sont les communautés de recherche. Les communautés de recherche vont positionner nos universités, mais l'autre point concerne notre jeunesse qui, trop souvent, va vers des BTS alors qu'ils ne sont pas préparés. C'est un défi que nous avons à relever et je trouve que le rapport n'y fait pas suffisamment attention. Le problème est double. Les jeunes bacheliers venant de la voie professionnelle ont de plus en plus de mal à s'inscrire dans les IUT et dans les BTS, je viens de vous le rappeler.."

"D’une manière globale, votre schéma manque un peu d’ambition sur les méthodes pédagogiques tout particulièrement en ce qui concerne les usages numériques. Ces dernières années dans le cadre du campus numérique, des sommes considérables ont été investies pour construire aux quatre coins de la Bretagne des équipements immobiliers : télé-salles, télé-amphithéâtres, salles de visioconférences qui sont très souvent sous utilisées et qui très rapidement ne le seront plus du tout parce que déjà obsolètes avec la montée en puissance des équipements individuels et la vulgarisation des technologies d’enseignement à distance. Nous n'avons rien sur les usages et peu sur la création de contenu."

 

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